Planification des PVD et le Sous-développement : Enjeux, Défis et Perspectives de Développement
B- Les différents types de planification
1- Classification des plans
Les plans sont classés en fonction du cadre spatial, de la durée, de l’acteur économique, de la destination économique et en fonction du système économique.
- En fonction du cadre spatial d’application des actions du plan, il existe le plan le plan local, le plan national, la plan régional,
- Selon la durée de mise en œuvre du plan, on a le plan de court terme (1 à 2 ans), celui de moyen terme (2 à 7ans) et celui de long terme (>7 ans).
- Par rapport à l’acteur économique qui planifie (individu, entreprise, Etat), on parle de projet ou de programme.
- En tenant compte de la destination économique, on peut parler du plan de filière, le plan sectoriel et le plan global.
- Selon les systèmes économiques, on distingue le plan impératif et le plan indicatif.
2- Caractéristiques de la planification impérative et de la planification indicative
a- Planification impérative
La planification impérative concerne les pays socialistes. Cette planification est autoritaire, contraignante car elle revêt un caractère de force et a valeur de loi car une fois élaborée, elle s’impose à tous. Elle est rigide car n’admettant pas de modification en cours d’exécution. C’est une planification fortement centralisée car son élaboration et son exécution exigent un contrôle strict de la part de l’Etat central. La coercition ou la force constitue les moyens d’action du plan impératif. La non réalisation des objectifs projetés dans le plan est passible de sanctions morales, économiques ou pénales.
Cette planification permet :
– d’assurer la relance de l’économie et jeter les bases d’une croissance rapide.
– le développement des infrastructures socio-économique indispensable au développement.
– la contrainte de réalisation des résultats ;
– le développement des forces productives ;
– l’incitation à la discipline ;
– la réduction du gaspillage des ressources
– installation de la discipline au travail (pas d’absentéisme).
Cependant il est limité par :
– la difficulté à mettre en exécution à cause de la dimension nationale qui l’oblige à prévoir tous les aspects de la vie économique ; ce qui est parfois utopique.
– Le gaspillage des ressources à cause de la rigidité des structures
– la production de mauvaise qualité,
– Le développement du secteur informel.
– la réduction de l’initiative et de la créativité des exécutants ;
– les difficultés d’ajustement rapide de l’économie aux fluctuations imprévues ;
– les risques de gaspillage des ressources nationales ;
– les risques de baisse de l’efficacité de l’économie ;
– elle repose plus sur les aspects quantitatifs que sociaux.
– Les ressources matérielles et surtout humaines de qualité lui font souvent défaut.
b- La planification indicative
La planification indicative, n’est pas contraignante, elle est souple. Son élaboration repose sur la concertation entre l’Etat, le secteur privé et les partenaires sociaux pour le choix des objectifs à atteindre. Pour son exécution, l’Etat recourt aux mesures incitatives à l’égard du secteur privé pour obtenir leur coopération (réduction ou exonération d’impôts, subventions…).
Il favorise :
– un développement équilibré en mettant en mouvement tous les secteurs de
l’économie.
– Il encourage l’innovation et favorise la croissance économique.
– la réduction de l’intensité des récessions cycliques du marché,
– la réduction des gaspillages des ressources nationales,
– stimule le profit et le jeu de la concurrence en favorisant une production importante.
Il est cependant limité ou affaibli par :
– la prédominance des choix individuels qui peuvent fausser l’atteinte des objectifs du plan (limites structurelles)
– l’absence de contrôle sur les agents économiques,
– elle repose essentiellement sur les aspects quantitatifs que sociaux,
– les difficultés de maîtrise des fluctuations du marché etc.
C- Les problèmes de la planification dans les PVD
1- Les difficultés liées à la planification dans les PVD
L’adoption d’une planification économique globale impérative ou indicative dans les pays en voie de développement (PVD) ne leur permettrait pas de sortir de leur état de pauvreté à cause des difficultés rencontrées dans la planification. Ces difficultés se situent à toutes les étapes du processus de la planification :
- Au niveau de l’élaboration des plans, on note :
un mauvais système de collecte et d’enregistrement des données statistiques,
l’incertitude des données de base,
un caractère irréalisable et peu cohérent des objectifs des plans ressemblant à des promesses de campagne électorale.
Incompétence des ressources humaines
- Au niveau de pilotage des plans, on note :
la faiblesse des moyens d’intervention de l’Etat obligeant ce dernier à se rendre dépendant de l’extérieur,
la mauvaise gestion des ressources disponibles,
manque d’une véritable politique d’information et d’incitation à l’égard du secteur privé.
L’instabilité politique mettant en péril une vision à long terme du processus de planification.
les calamités naturelles
2- Les mesures à prendre par les PVD pour réussir leur planification
Au regard de toutes ces difficultés, les PVD ont intérêt à :
adopter des plans sectoriels impératifs ou indicatifs
rendre précis et réalistes les objectifs du plan,
rendre fiables les informations statistiques devant entrer dans la mise en œuvre du plan,
réduire la dépendance extérieure et surtout financière en recherchant les sources de financement autonomes endogènes (mobilisation de l’épargne par exemple) ;
prendre plus de mesures incitatives à l’endroit du secteur privé afin qu’il adhère à la réalisation des objectifs fixés dans le plan,
prendre en compte le secteur informel dans la prise de décisions et l’élaboration du plan,
assurer une meilleure gestion des ressources disponibles en luttant contre la corruption, le détournement, la surfacturation, la politisation à outrance de l’administration.
III- Les inégalités du développement : le sous-développement
A- Les caractéristiques du sous-développement
1- Définition
Le sous-développement est la situation des pays qui n’arrivent pas à satisfaire les besoins fondamentaux de la grande majorité de leur population. Le sous-développement désigne aussi la situation économique et sociale vécue par des pays qui n’arrivent pas à assurer une croissance durable et la satisfaction des besoins fondamentaux de leur population.
2- Les différentes appellations des pays sous-développés
Les Pays sous-développés sont encore appelés pays en voie de développement (PVD) ; pays du tiers monde ; pays du sud ; pays périphériques
3- les différentes catégories de pays en voie de développement
Le monde en développement est constitué de pays qui n’ont pas le même niveau de développement et de ce fait, on peut les classer en quatre grandes catégories selon leur niveau de développement. On distingue :
- les nouveaux pays industrialisés (NPI)
Ils sont localisés en Asie du Sud-est (Singapour, Hong-Kong, Taiwan, Corée du Sud) et en Amérique latine (Brésil, Mexique…). Ils se caractérisent par un rythme de croissance très rapide et une forte croissance de leurs exportations surtout industrielles ;
- les pays exportateurs de pétrole
Ils sont spécialisés dans l’exportation de pétrole brut et du gaz naturel (Lybie, Qatar, Arabie Saoudite…) ;
- les pays à revenu intermédiaire
Ils sont des pays qui affichent une population importante et se caractérisant par leur dépendance à l’égard de la conjoncture mondiale et la fragilité de leur développement (Cameroun, Sénégal, Côte d’Ivoire, Argentine…)
- les pays les moins avancés (PMA)
Ils sont concentrés majoritairement en Afrique. Ils souffrent d’un sous- développement chronique et sont caractérisés par un PIB par habitant très faible, un taux de scolarisation et d’alphabétisation faible, un taux de chômage élevé, l’absence d’industrialisation. C’est le cas du Mali, du Togo, du Tchad, du Niger, du Népal et de l’Afghanistan
4- Caractéristique du sous-développement
Les critères permettant de caractériser le sous-développement sont nombreux et d’ordres économiques, techniques, sociodémographiques, politiques et culturels.
- Sur le plan économique : on note le dualisme et la désarticulation économique, l’extraversion, l’existence des cercles vicieux de la pauvreté, la dépendance technique lié aux problèmes du transport et transfert de technologie, la prédominance du secteur informel, un PIB par habitant faible, la faiblesse des activités industrielles et agricoles, le développement des cultures d’exportation au détriment des cultures vivrières, le niveau d’endettement élevé, la déséquilibre démographique (La croissance démographique dépasse souvent la croissance économique ).
- Au plan social : on note un faible taux de couverture sanitaire, la malnutrition et la sous-nutrition.
- Au plan politique et culturel : on observe la quasi-absence de conscience nationale et une dépendance politique manifeste, l’instabilité sociopolitique, la mauvaise gouvernance, la centralisation des pouvoirs d’Etat au niveau d’une minorité, un faible taux de scolarisation et d’alphabétisation, une dépendance culturelle très poussée avec un mimétisme extrême de l’étranger
B- Les explications théoriques du sous-développement.
Au nombre des explications du sous-développement, nous avions : l’explication libérale et l’explication radicale.
l’approche libérale considère le développement comme un retard simple de développement si les conditions favorables à une croissance économique forte et durable sont créées et maintenues. Les libéraux estiment que le développement est une succession d’étapes que doit nécessairement emprunter une nation comme le souligne Rostow. Mais la plupart des PVD ne se sont qu’à l’étape de société traditionnelle et évolue plutôt dans un cercle vicieux de pauvreté.
Selon les économistes radicaux, le sous-développement est un produit de la dépendance, de la désarticulation et de la domination (3D). Ainsi, la domination et la dépendance se traduisent par un échange inégal et la dégradation des termes de l’échange (DTE) des PVD, ce qui réduit les recettes d’exportation des PVD, renforce la faiblesse de financement de ces pays et leur dépendance financière extérieure et politique. La désarticulation se traduit par le dualisme économique, conséquence du développement du capitalisme périphérique dans les PVD.
De plus, le sous-développement s’explique naturellement par : le rôle du milieu naturel (les PVD sont souvent situés dans les zones intertropicales) ; le rôle de l’isolement (les PVD sont souvent situés à l’intérieur des terres) ; la rareté des ressources naturelles etc.
C- Les stratégies de développement
Une stratégie de développement ou politique de développement est un ensemble de mesures cohérentes prises par les autorités publiques permettant à un PVD une croissance économique durable accompagnée de transformations sociales qualitatives. On distingue deux grandes catégories de stratégies de développement à savoir les stratégies globales de développement et les stratégies sectorielles de développement.